LA NOBLESSE

LA NOBLESSE

Existant toujours dans les monarchies européennes, dans la cité des doges, la Sérénissime plus connue sous le nom plus courant de Venise qui était pourtant une ancienne République, tout comme dans la République de San Marino (Saint-Marin), au Vatican (plusieurs familles comtoises comptant des comtes romains dans leurs ancêtres, (tels les Pidoux de la Maduère, les Miroudot de Saint-Ferjeux1), au Canada (avec une autorité héraldique officielle; indépendante de celles du Royaume-Uni) et même en Russie où les bolcheviques n’ont jamais eu l’idée saugrenue de boucharder les armoiries princières et comtales, gravées sur la façade des demeures de ces familles2 (mais non reconnue dans l’Empire du Brésil car, faute d’histoire ancienne de ce pays, les titres y étaient concédés uniquement à de riches éleveurs de bétail, ce qui leur a valu le terme méprisant de rastaquouères).


Le kazoku (ascendance fleurie) désigna la noblesse japonaise telle qu’elle exista de 1869 à 1947. Cette noblesse résultait de la fusion des daimyô (noblesse féodale antérieure à l’ère Meiji) du kuge (noblesse de hauts fonctionnaires de la cour impériale à Tôkyô). Parmi les membres du kuge, on distinguait le dojo (nobles autorisés à s’asseoir sur le sol aux côtés de l’empereur) et le jige (tous les autres, ne possédant pas ce rare privilège).

En 1884, en l’année 17 de l’ère Meiji, le gouvernement japonais établit une hiérarchie nobiliaire, parfaitement calquée sur les titres de la noblesse anglaise. L’ancien shogun, Tokugawa Yoshinobu avait déjà été élevé au rang de prince. Ce titre de prince (ko) fut également attribué aux héritiers des cinq familles de régents (go-seike) : les Konoe, les Kujo, les Ichijo et les Nijo. Les Shô, descendants des rois des îles Ryükyü, durent se contenter du titre de marquis. L’ancienne maison royale de Corée, après l’annexion de ce pays par le Japon (et le changement du nom de la capitale : Keijo à la place de Séoul, ce nouveau nom sonnant mieux dans les oreilles nippone) reçut le titre d’ozoku (de lignage royal), d’un niveau certes inférieur à l’empereur mais supérieur à l’ensemble de la noblesse japonaise. Le titre de taikoxacu (grand-prince) est limité depuis 1963 aux descendants mâles du grand roi coréen Kojon alias Gojong (1841-1919), le 28e roi de la dynastie Joseon et le premier empereur.

Le 31 mars 1908, on dénombrait au Japon 15 ko (ou koshaku) (ducs), 36 ko (ou koshaku) (marquis), 100 haku (ou hakushaku ou kaunto) (comtes), 375 shi (ou shishaku) (vicomtes) et 376 dan (ou danshaku) (barons), le tout représentant 902 familles, comprenant en tout quelque 4600 membres. 

La Constitution de 1947 a aboli le kazoku et mis fin à l’utilisation de tout titre de noblesse ou de rang en dehors de la famille impériale immédiate stricto sensu (137 comtes, 429 vicomtes et 873 barons, soit 1514 personnes). Une loi adoptée en 1959 limite le nombre des princes, des ducs et des marquis et on ne peut en créer de nouveaux que si des lignées portant un de ces titres se sont éteintes.

Les titres se transmettent par ordre de primogéniture. (J.-M. Thiébaud, L’aristocratie japonaise, en ligne). Sur les grandes familles de la noblesse japonaise, j’ai publié en ligne quelques généalogies dont une consacrée aux Tokugawa.

Le dévouement d’un noble japonais va jusqu’au sacrifice de sa vie. Le rituel du seppuku (suicide ritualisé) est le symbole de la valeur centrale de l’éthique de la noblesse japonaise. On retrouvera cette attitude dans le dévouement sans limite des soldats japonais pendant la seconde guerre mondiale.

Mon, monsho, mondokoro et kamon désignent les symboles héraldiques familiaux. Le terme mon s’applique à n’importe quel symbole tandis que kamon et mondokoro s’appliquent uniquement aux symboles familiaux. V. aussi J.-M. Thiébaud, La Présence française au Japon, Paris, L’Harmattan, 2008.

La monarchie sud-africaine est le régime politique en vigueur en Afrique du Sud entre 910 et 1961, dans lequel un monarque héréditaire est le souverain et le chef d’État du pays. Seuls sont nobles à présent, les Masaï (Kenya, Tanzanie).

La noblesse a-t-elle toujours existé ?

  • Égypte : Dans l’Égypte antique, les nobles constituaient l’élite supérieure de la hiérarchie égyptienne et étaient des proches du pharaon. Seuls les nobles étaient nommés à des postes gouvernementaux ou à d’autres fonctions importantes, comme scribe, médecin ou général. Les prêtres avaient pour mission de plaire aux dieux en dirigeant les cérémonies et rituels religieux. La momification était un rituel très important. Certains prêtres se spécialisaient dans la préservation du corps après la mort. appelée embaumement, généralement pratiquée par les classes supérieures. Les Égyptiens de l’Antiquité croyaient que l’âme et le corps restaient unis dans l’au-delà ; le corps devait donc être préservé. (Wikipédia)
  • Grèce antique : classe qui exerce le pouvoir dans bien des cités à l’époque archaïque, c’est-à-dire à un stade où il y a déjà un État, mais un État dont les fonctions sont encore peu développées et sont accaparées par ladite classe (exemple de ces fonctions, la justice : la phase de l’arbitrage est dépassée, il y a des juridictions obligatoires ; mais, dans la Béotie d’Hésiode, c’est la noblesse qui les détient et, en Attique, c’est seulement sous Pisistrate, semble-t-il, qu’elle achève de les perdre). Du reste, il doit s’agir ici non pas du rôle « politique » de la noblesse, mais de sa place dans la société et de sa nature de classe. Pour tendre vers l’exhaustivité, il faut toujours garder en tête l’idée que chaque village pouvait avoir son propre système nobiliaire. Le temps de la synthèse n’est pas encore venu. V. Cambridge University Press: 30 October 2017.
  • Rome : les chevaliers formant un corps équestre (equites romani), constituaient une caste sociale juste en dessous de celle des sénateurs. Chaque citoyen romain portait une toge nouée sans attache. Celles des sénateurs et des chevaliers, les laticlaves (du latin lati, large et clavi, bande) avec une bande avec des bandes rouge violacées, le rouge ayant toujours été le symbole du pouvoir. Même au sein de l’église catholique où les cardinaux sont entièrement recouverts d’un habit et d’une calotte rouge.

Pour devenir chevalier, il fallait trois conditions :

1. Posséder au minimum 400 000 sesterces (plus de 15 000 000 €) en terrain et en bétail ;

2. Être d’une parfaite respectabilité et d’une grande honnêteté ; 

3. Ne pas avoir été élu à une magistrature du cursus honorum (qui était réservé aux militaires, de questeur à consul).

Si ces trois clauses étaient remplies, le censeur inscrivait le nom de ce nouveau chevalier dans son registre, lui remettait un anneau de chevalier, une toge et un cheval avec des ressources suffisantes pour nourrir l’animal, un cheval public (eques equo publico).

Hippolytus était un chevalier romain converti au catholicisme, condamné à mort et a été canonisé. D’où plusieurs villes françaises qui portent son nom, comme dans les départements du Doubs et de Charente-Maritime. Dans la délibération qui change le nom de Saint-Hippolyte en Doubs-Marat, il est bien précisé que la suppression d’Hippolyte est liée au fait qu’il était chevalier romain donc noble. De même, Saint-Hippolyte, en Charente-Maritime devint Fernay-L’Union. L’empereur Constantin, voulant récompenser les meilleurs chevaliers, les intégra dans le sénat, ce qui créa d’office deux catégories de chevaliers : une catégorie supérieure au sénat et une catégorie inférieure qui n’y avait pas été admise. Cette distinction amena la chute des chevaliers romains au Ve siècle.

Avec les noblesses chinoises et japonaises déjà évoquées, on peut en déduire que tous les pays possédaient une noblesse, une oligarchie tenue par l’élite et la noblesse des pays européens se calquera sur ces systèmes anciens.

La noblesse française et européenne

Certains préférant combattre dans des tournois (dont le dernier s’est probablement tenu à Nozeroy (Jura) devant le château des princes d’Orange ou sur les champs de bataille à la guerre) devinrent les vassaux de grands seigneurs en leur faisant l’hommage de leurs terres et de leurs biens selon les règles féodales bien connues. Ces vassaux, petits ou grands, étaient dits écuyers car ils portent l’écu (les armoiries) de leur suzerain. Certains étaient très pauvres : c’est ainsi qu’on voit un candidat écuyer recevoir un cheval, sans harnachement et une cuirasse du baron de Belvoir (Doubs) entre les mains duquel il dût rendre l’hommage. Il en fut ainsi jusqu’au XVe siècle, en 1482 : fut créé la fonction de secrétaire du roi qui, elle aussi, ennoblissait. Ainsi naquit la noblesse de robe, plus ou moins méprisée par la noblesse de race. Cette noblesse put s’acheter et, en Franche-Comté, on compta 215 bourgeois gentilhommes (voir l’ouvrage de Jean-François Solnon publié par la faculté de lettres de Besançon).

La noblesse créé des droits et des devoirs :

-Des droits : elle était exemptée de la taille4 et de ses nombreux suppléments, elle permettait l’accès aux écoles militaires et dans les couvents royaux où l’on pouvait exiger 8 à 16 quartiers de noblesse.

-Des devoirs : la charité et la protection des faibles et le fait, pour les paysans, d’être retrahants dans leurs châteaux en temps de guerre. Mais aussi le devoir de verser son sang pour le roi.

La noblesse a été abolie dans la fameuse nuit du 4 août 1789 qui supprima tous les privilèges et, par un décret spécial, compléta cette suppression définitivement en juin 1790. Napoléon Ier s’empressa de créer une nouvelle noblesse avec les mêmes titres, sauf celui de marquis. Il y eut donc des chevaliers, des barons, des vicomtes, des comtes, des ducs et des princes de l’empire avec des armoiries qui permettaient de reconnaître leurs titres au premier coup d’œil. Pour être comte dans l’armée, il fallait être général de division (ce qui, en Franche-Comté, fut le cas de Morand) ou archevêque (comme celui de Besançon). Bon-Adrien Jannot de Moncey, duc de Conegliano (qui a donné son nom à une rue de Besançon et dont la statue se dresse dans la cour de la gendarmerie à la sortie de la ville sur la route qui mène à Lons-le-Saunier). Lors des Restaurations de 1814 et de 1830, les bourbons fusionnèrent la noblesse de l’ancien régime et la noblesse napoléonienne mais sans aucun avantage de l’ancien régime. Ces titres de noblesse n’étaient plus que des marques d’honneur.

Napoléon Ier avait créé aussi la légion d’honneur dont le ruban est lui aussi rouge comme les laticlaves des romains.

Aujourd’hui, la République ne reconnaît pas la noblesse mais accepte, sous le contrôle du garde des Sceaux, que les titres (duc, marquis; comte, vicomte, baron) soient inscrits dans l’état civil car les titres sont considérés comme faisant partie du nom de famille.

La fausse noblesse

Les faux nobles sont si nombreux qu’on a pu en établir un dictionnaire écrit par un collectif d’historiens et édité par Tallandier. Parmi ces faux nobles, on note Guy Coutant De Saisseval, décédé récemment et qui a voulu recréer l’ordre militaire et hospitalier de Saint-Lazare de Jérusalem en qualité de grand chancelier.

La particule n’a jamais été un signe de noblesse : Charles De Gaulle n’a jamais été noble. Par contre, l’acte de baptême de Robespierre porte le nom bien attaché Derobespierre, s’empressant de supprimer cette particule plutôt mal vue pendant l’ère révolutionnaire. À noter que Voltaire, dans les années qui ont précédé la Révolution, sans le moindre complexe, se faisait appeler Monsieur De Voltaire. Le fait de voir, devant un nom, la mention « noble » ou « noble homme », n’était pas un signe de noblesse mais une distinction concédée pour les docteurs de certaines facultés. D’ailleurs, cette noblesse toute personnelle n’était pas transmissible. Seul le titre d’écuyer prouvait la noblesse d’un individu, les femmes étant appelées Madame, ou Madame madame ou Mademoiselle.

Le fait d’avoir acheté un comté ou un marquisat, ce que pouvait faire n’importe quel roturier, ne donnait aucun droit au titre de comte ou de marquis.

Mais, rappelons-le, s’il le faut encore, qu’il n’y a plus en France, de nobles mais seulement des descendants de familles nobles alors que la noblesse subsiste dans toutes les monarchies (Grande-Bretagne, Belgique, Suède, Espagne, Pays-Bas, Norvège,…). Curieusement, la république de San Marino (Saint Marin), au cœur de l’Italie, conserve la noblesse et créé même de nouveaux nobles. Il ne faut pas oublier la Sérénissime, la capitale des doges, Venise, qui, bien qu’elle soit une république, possède une importante noblesse, parmi les plus anciennes d’Europe.

Louis de Magny, Armorial des princes, dues, marquis, barons et comtes romains en France, créés de 1875 à 1890, et des titres pontificaux conférés en France par les papes, souverains du Comtat-Venaissin :1890.

Gustave Chaix d’Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, t. 15.

L’Autorité héraldique du Canada, fondée en 1988, est un organe de la Couronne du Canada, chargé de l’héraldique dans ce pays. Cette autorité est responsable de la création et concession d’armoiries, des drapeaux et d’insignes pour les citoyens canadiens, les résidents permanents et les personnes morales du pays. L’Autorité enregistre aussi les armoiries déjà existantes ayant été attribuées par d’autres autorités héraldiques reconnues, approuve les insignes et drapeaux militaires des forces armées canadiennes, enregistre les informations généalogiques liées à la concession des armoiries, et fournit des informations sur les pratiques héraldiques .Elle est rattachée à la chancellerie des Honneurs et dépend donc directement du monarque canadien et de son gouverneur général du Canada. Elle est dirigée par le Héraut d’armes du Canada dont le premier fut Robert Watt de 1988 à 2007 (Wikipédia).

3 Mieux : l’ex-URSS a offert à l’association de l’ancienne noblesse impériales le palais des princes Golitsyne alias Galitzine en français (J.-M. Thiébaud. Une grande famille princière de Russie, les Galitzine. Généalogie et notes historiques, Paris, 1997. Leurs armoiries sont sculptées en bas-relief au sommet de sa façade.

4 La taille était un impôt direct prélevé par les seigneurs locaux puis un impôt royal frappant tous les sujets sauf le clergé et la noblesse. Il était prélevé par l’intermédiaire de ses vassaux et servait à financer l’armée permanente et les guerres. Très mal vu par les gens du peuple qui, dans les cahiers de doléances de 1789 se plaignaient souvent d’être encore « taillables et corvéables à merci ». Il est  dit que son nom viendrait d’une encoche faite dans un morceau de bois pour indiquer que cet impôt avait été payé.

Seigneur – écuyer

Au Moyen Âge, un apprenti écuyer allait vivre dans le château de son seigneur où il avait le gîte et le couvert mais où il apprenait à servir à table vin et viande découpée devant les convives, à chasser et à achever, vite et bien, à l’arme blanche, un animal blessé, prélude et accoutumance à la cruauté de la guerre. Tant pour se défendre que pour attaquer, on lui enseignait le combat dos à dos en cas d’encerclement par l’ennemi, le maniement d’une épée, d’une dague, d’une lance, d’une masse d’armes, d’un arc et d’une arbalète, mais aussi une parfaite connaissance des armoiries pour ne pas rallier maladroitement le camp des adversaires d’où la première des grandes règles de l’héraldique : l’alternance obligatoire des métaux et des couleurs.

Le premier devoir d’un écuyer était de prendre grand soin du cheval de son seigneur : toilettage, séchage soigneux (surtout si l’animal est en sueur) ; inspection de la peau du cheval à la recherche de sarcoïdes, petites tumeurs bénignes, souvent multiples, ressemblant à de grosses verrues, susceptibles parfois de saigner au contact des étriers ou des pièces de l’armure du cavalier. Il fallait aussi s’occuper de la selle, du harnais (la sellette, la dossière, le mantelet, la sangle et la sous-ventrière), des quatre fers et de leurs clous, des rênes parfois même d’une armure et souvent aussi de masques anti-mouches ou voiles occultants pour protéger du soleil et de la vision d’un environnement trop stressant sans oublier, en cas de tournoi et de défilé, le caparaçon portant les armes agrandies du seigneur pour que le public puisse aisément les identifier. Puis, avant de sortir le cheval, il fallait aider le seigneur à mettre en place un véritable puzzle de métal, l’armure dont on solidarisait les différents éléments avec des sangles et des lanières pour qu’il n’y ait plus de zone découverte et donc vulnérable.

À la guerre, l’écuyer marchait en courant à côté du cheval de son seigneur.

En cas de chute de cheval, le seigneur était enfermé dans une sorte d’exosquelette (d’environ 35 kg) et il fallait au plus tôt l’aider à se remettre en selle sinon des « écorcheurs » venaient planter leur coutelas dans les interstices des armures pour tuer le seigneur à terre.

Note : sur les anciens parchemins, écuyer = scutifer

seigneur , chevalier = dominus

en anglais , écuyer = esquire

LE DROIT AUX ARMOIRIES EN FRANCE

Dans le magazine La Vie Judiciaire du 29 février au 5 mars 1960, Jacques Descheemaeker, docteur en droit, a jugé utile d’analyser le droit aux armoiries en France, très différent de celui des pays européens où subsistent des monarchies et où noblesse et armoiries sont indissociables et relèvent d’autorités officielles dirigées par des hérauts et des rois d’armes (le College of Arms pour l’Angleterre, le Pays de Galles et l’Irlande du Nord, le Roi d’Armes Lord Lyon pour l’Écosse, un rôle identique existant aussi avec l’Autorité héraldique du Canada).

Par contre, en France, Descheemaeker croit utile de rappeler que : Si les armoiries peuvent être portées par n’importe quelle personne physique ou morale, les armoiries timbrées sont réservées aux nobles. Il semble oublier que, dans la République, il n’existe plus de nobles mais seulement des descendants de familles nobles d’extraction ou qui ont acheté une charge de conseiller en Parlement, de « secrétaire du roi, maison et couronne de France » (créée en 1485), etc. avec des conditions d’anoblissement variant selon les époques et les besoins du trésor du royaume, etc. La confusion vient du fait que les titres de noblesse (ducs, marquis, comtes, vicomtes, barons) subsistent, étant considérés comme une partie du patronyme.

Un jugement de 1939 précise que les armoiries sont indissociables du patronyme et sont transmises avec lui, que la famille soit d’origine noble ou non.

Descheemaeker croit utile de rappeler que les armoiries sont formées d’un élément essentiel qui, à lui seul, peut constituer le blason, c’est l’écu. Celui-ci peut être accompagné d’une série d’éléments extérieurs qui entourent l’écu ; ce sont : le heaume, les lambrequins [qui sont les vestiges de bandelettes de cuir destinées à protéger la nuque], le bourrelet, les cimiers, les bannières, le cri de guerre et la devise qui sont réservés à la noblesse et indiquent le rang que le possesseur du blason occupe dans la hiérarchie nobiliaire (notamment par le biais des couronnes, souvent trompeuses car usurpées par prétention ou par désir de l’artiste héraldiste de magnifier son dessin ou de flatter son client). 

S’il est strictement interdit d’ajouter une couronne à de nouveaux écus, il est fortement déconseillé de coiffer l’écu d’un heaume et d’ajouter une bannière ou un cri de guerre, le nouveau porteur d’écu n’ayant aucun lien direct avec la chevalerie médiévale. Même si le candidat se montre insistant avec des exigences sans rapport avec son statut social ou celui de sa famille. Il est bon parfois de rappeler à un peu plus de modestie et donc de simplicité.

Historiquement, il est bon de rappeler que les armoiries, nées au débit du XIIe siècle, ont été supprimées le 19 juin 1790 avec la noblesse héréditaire et les titres. Des décrets de la Convention ordonnèrent une véritable chasse aux armoiries qu’on dut boucharder dans les châteaux, la façade des bâtiments et même les tombeaux.

Un jugement de 1949 confirme que les armoiries sont libres mais qu’elles sont indissociables du patronyme. Un Conseil Français d’Héraldique a été créé et publié au J.O. du 31 décembre 1984 pour guider les candidats aux armoiries et les initier aux règles de l’héraldique.

Dr Jean-Marie Thiébaud


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